Zoom sur le micro-espace démocratique : entretien avec Joséphine Zibi

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17112013783Joséphine Zibi, présidente de l’Association « Passerelle Ngam », au Village de la Solidarité Internationale le 18/11/2013

Joséphine Zibi est une femme de conviction ! Camerounaise engagée, elle intervient au Village de la Solidarité Internationale pour parler de la démocratie, vivier essentiel à La Démocratie. « Cette petite démocratie dont on parle peu. Cette micro-démocratie trop peu exploitée et pourtant fondamentale ».

La démocratie selon Joséphine est celle du micro-espace communal où projets civils et pédagogiques se mêlent. À l’heure où le Cameroun expérimente l’infrastructure démocratique sénatoriale, c’est par une action de terrain que Joséphine Zibi se voue à la construction du micro-espace. En 1996, elle fonde l’association Passerelle Ngam qui, forte de son dynamisme va, selon les problèmes rencontrés sur le terrain, adapter son projet initial. Essentiellement tournée vers le soutien à l’éducation en milieu rural, les membres de « la passerelle » se sont heurtés au problème de la corvée d’eau des enfants. En effet, il est de coutume qu’en milieu rural, les enfants aient la charge oppressante de porter l’eau du puits à la famille. L’apport de l’eau dans les villages est ainsi devenu le projet principal de l’association pour le développement du micro-espace démocratique. En amorçant la fourniture de l’eau aux familles, le projet de Passerelle Ngam est à double visée. Les « 7 villages alimentés en eau potable » par l’association ont contribué à libérer la jeunesse camerounaise des corvées. Au travers de ce concept, c’est la gestion de l’eau comme chose collective qui est inculqué.

Quel lien avec la démocratie ? Tout ! Les grecs nous parlaient de la Polis1, Joséphine Zibi nous parle du micro-espace : « si l’on ne construit pas ce micro-espace démocratique, les mots n’auront pas de sens pour la population ».

Ce projet d’eau potable pour tous a pour objectif final l’apprentissage de la gestion du bien public collectif. L’atteindre va nécessiter une prise de conscience commune de ce qu’est l’intérêt général. Dans le micro-espace, le véritable problème de la démocratie est que « les mots n’ont pas de contenu » ! A l’origine de ce constat se trouve un problème d’éducation fondamental de la population locale aux enjeux des droits fondamentaux. La jeunesse camerounaise, libérée de ses tâches, aura du temps pour l’appropriation en famille de l’intérêt général. L’apprentissage commun est nécessaire afin de construire d’abord un sens commun des mots, puis un sens commun coopératif. « Faire comprendre aux populations que c’est la mutualisation de leurs forces qui leur permettra de sortir de la misère sociale ».

En portant ce discours d’union des forces, Joséphine Zibi marque le lien existant entre la démocratie et la solidarité. Le micro-espace démocratique qu’elle s’emploie à mettre en place est fondamental à la compréhension des tenants et aboutissants des enjeux de La Démocratie.

Face à la montée de plus en plus évidente de l’individualisme en France en particulier et dans l’Europe en général, la fraction qui se dessine au sein de notre micro-espace est-elle annonciatrice d’une faillite Démocratique ?

http://www.passerelle-ngam.org/accueil.html

Judy Kingue Manga

1 Polis : La citée

 

 

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