Entretien avec… Paul VERMANDE, Président du Collectif Haïti de France

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L’homme sympathique et avenant, est désireux de partager son expérience.

Il explique qu’il a travaillé pendant six ans à Haïti, entre 1995 et 2001 au Bureau de l’Agence Universitaire de la Francophonie.

C’est de cette époque que date son engouement pour le pays et son peuple. Car c’est bien d’un coup de foudre culturel pour les Haïti et surtout pour son peuple.

En effet, fasciné, il précise que « le peuple haïtien est le plus créateur sur le plan artistique et culturel ». Il insiste en rappelant que ce pays compte pourtant 50% d’analphabètes.

Il confie qu’il a demandé un jour à un artiste haïtien d’où venait une telle frénésie créative. Ce dernier lui a expliqué que les haïtiens avaient tellement souffert (comme l’a d’ailleurs rappelé Louis Philippe Dalembert[1]), qu’ils avaient besoin d’exprimer cette souffrance.

« Le peuple haïtien est le plus créateur sur le plan artistique et culturel »

Fondateur et actuel Président de Collectif Haïti de France, Paul Vermande s’inscrit dans une volonté de contribuer à cette expression d’Haïti.

Le Collectif rassemble aujourd’hui 80 associations franco-haïtiennes qui comptent 120 correspondants à Haïti.

Ces associations et de leurs correspondants, agissent de manière coordonnées en faveur de l’éducation, la santé, l’agriculture, et l’information.

Notamment un des projets en cours de conception est celui des télécentres. Ce sont tout simplement des cybercafés dans les villes et surtout dans les endroits plus reculés.

L’objectif est triple : permettre une connexion avec le monde pour les plus et les moins jeunes, permettre aux enseignants de se former seul et enfin, non des moindres, faciliter les communications avec les associations du Collectif.

Des télécentres pour connecter les endroits reculés d’Haïti au monde et  au Collectif Haïti de France

La coordination de l’action entre les associations est précisément une des difficultés évoquée par le Président. Il explique que le Collectif rassemble essentiellement de petites associations.

Et de fait il est difficile de concentrer l’action de toutes ces entités sur un seul projet, ou sur une seule réflexion. Chacun souhaite faire avancer le projet que son association mène.

Aussi, amener toutes les associations du Collectif à travailler sur des problématiques plus générales, au détriment des préoccupations immédiates, est une tâche compliquée.

Pour exemple sur 80 associations, seulement 7 traitent la question de l’eau alors que celle-ci est centrale dans le développement de n’importe quelle initiative sur le terrain : école, habitation, santé…

La difficulté de travailler en Collectif est d’amener tout le monde à débattre de problématiques générale

Paul Vermande rappelle notamment que la démocratie  est un thème peu abordé directement au sein des associations.

Pour autant il essaie tant que faire se peut de donner au fonctionnement même de l’association un caractère démocratique.

Au niveau du siège du Collectif à Paris, un audit démocratique a été réalisé au sein des correspondants à Haïti et au sein des associations du Collectif en France.

Une Charte démocratique de fonctionnement partagé a été éditée à cette occasion.

La réalité, elle, est celle d’une démocratie incertaine et fragile à Haïti. Son avis sur le Président-chanteur Michel Martelly[2] est sans concessions. Paul Vermande le décrit comme un placement américain dans la zone Caraïbes. Mais il est optimiste, il insiste sur le fait que le Président n’a été élu qu’à une très courte majorité. Et les manifestations qui ont eu lieu au début du mois de novembre pour réclamer le départ de Martelly semblent donner raison à son analyse…

Sybille Poaouteta

M2 PSAPI Expertise Internationale

Lyon III Jean Moulin


[1] Louis Philippe Dalembert  est intervenu lors de la Conférence consacré au thème « Démocratie et Mémoire », le samedi 16 novembre à l’espace Podium du Village de la Solidarité.

[2] Michel Martelly est un chanteur de kompa (zouk), élu Président de Haïti en 2011, et largement soutenu par le chanteur Wyclef Jean, ancien membre de The Fugees. 

Ginga Bahia au VSI 2013 : l’art d’une lutte dissimulée.

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Ginga Bahia au VSI 2013 le 19/11/2013

Le grupo Ginga Bahia participait ce dimanche 17 novembre au Village de la Solidarité Internationale qui mettait l’Amérique latine à l’honneur. Au travers d’une démonstration rythmée et conviviale, c’est naturellement que les visiteurs du Village sont transportés dans l’univers brésilien de la capoeira. Mêlant ginga1, acrobaties, chants et percussions, Ginga Bahia nous fait découvrir un autre aspect de la culture latino-américaine.

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Ginga Bahia sur le podium du VSI 2013

La capoeira est une lutte dissimulée où tout l’art du combat réside en la rapidité des mouvements et l’absence de coups francs. Trouvant ses racines chez les esclaves du Brésil, le grupo Ginga Bahia a su nous faire partager la culture solidaire de la capoeira. La roda2 du VSI sera un moment de complicité, et de confiance entre les capoeiristes. Au delà de la maîtrise de la rapidité et de la technicité des acrobaties effectuées, c’est la solidarité des membres qui leur permet une évolution fluide et sans heurt, devant un public conquis.

Extrait de la démonstration de Ginga Bahia au VSI 2013 : https://www.facebook.com/photo.php?v=706217286058075&l=7286661173097510646

http://gingabahia.fr

Judy Kingue Manga

1Ginga : mouvement de base de la Capoeira désignant le balencement des capoeiristes de la droite vers la gauche.

2Roda : ronde formée par les participants au sein de laquelle se joue la Capoeira.

Zoom sur le micro-espace démocratique : entretien avec Joséphine Zibi

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17112013783Joséphine Zibi, présidente de l’Association « Passerelle Ngam », au Village de la Solidarité Internationale le 18/11/2013

Joséphine Zibi est une femme de conviction ! Camerounaise engagée, elle intervient au Village de la Solidarité Internationale pour parler de la démocratie, vivier essentiel à La Démocratie. « Cette petite démocratie dont on parle peu. Cette micro-démocratie trop peu exploitée et pourtant fondamentale ».

La démocratie selon Joséphine est celle du micro-espace communal où projets civils et pédagogiques se mêlent. À l’heure où le Cameroun expérimente l’infrastructure démocratique sénatoriale, c’est par une action de terrain que Joséphine Zibi se voue à la construction du micro-espace. En 1996, elle fonde l’association Passerelle Ngam qui, forte de son dynamisme va, selon les problèmes rencontrés sur le terrain, adapter son projet initial. Essentiellement tournée vers le soutien à l’éducation en milieu rural, les membres de « la passerelle » se sont heurtés au problème de la corvée d’eau des enfants. En effet, il est de coutume qu’en milieu rural, les enfants aient la charge oppressante de porter l’eau du puits à la famille. L’apport de l’eau dans les villages est ainsi devenu le projet principal de l’association pour le développement du micro-espace démocratique. En amorçant la fourniture de l’eau aux familles, le projet de Passerelle Ngam est à double visée. Les « 7 villages alimentés en eau potable » par l’association ont contribué à libérer la jeunesse camerounaise des corvées. Au travers de ce concept, c’est la gestion de l’eau comme chose collective qui est inculqué.

Quel lien avec la démocratie ? Tout ! Les grecs nous parlaient de la Polis1, Joséphine Zibi nous parle du micro-espace : « si l’on ne construit pas ce micro-espace démocratique, les mots n’auront pas de sens pour la population ».

Ce projet d’eau potable pour tous a pour objectif final l’apprentissage de la gestion du bien public collectif. L’atteindre va nécessiter une prise de conscience commune de ce qu’est l’intérêt général. Dans le micro-espace, le véritable problème de la démocratie est que « les mots n’ont pas de contenu » ! A l’origine de ce constat se trouve un problème d’éducation fondamental de la population locale aux enjeux des droits fondamentaux. La jeunesse camerounaise, libérée de ses tâches, aura du temps pour l’appropriation en famille de l’intérêt général. L’apprentissage commun est nécessaire afin de construire d’abord un sens commun des mots, puis un sens commun coopératif. « Faire comprendre aux populations que c’est la mutualisation de leurs forces qui leur permettra de sortir de la misère sociale ».

En portant ce discours d’union des forces, Joséphine Zibi marque le lien existant entre la démocratie et la solidarité. Le micro-espace démocratique qu’elle s’emploie à mettre en place est fondamental à la compréhension des tenants et aboutissants des enjeux de La Démocratie.

Face à la montée de plus en plus évidente de l’individualisme en France en particulier et dans l’Europe en général, la fraction qui se dessine au sein de notre micro-espace est-elle annonciatrice d’une faillite Démocratique ?

http://www.passerelle-ngam.org/accueil.html

Judy Kingue Manga

1 Polis : La citée

 

 

Portrait de Christian Raymond, l’engagement d’un homme

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 Un stand, un homme, Christian Raymond dégage beaucoup de présence, de force, mais surtout d’humanisme. L’association Partenaires qu’il représente est l’histoire de sa vie. Cet homme aux fonctions importantes, autrefois diplomate, s’est consacré entièrement à la solidarité internationale.

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Acceptant de raconter son histoire, c’est un homme plein d’humilité qui se dévoile. Altruiste, Christian a toujours eu à cœur d’aider les autres. Ainsi, tout au long de sa carrière, il s’engagera dans des ONG. En 1990, il décide de fonder la sienne : Partenaires. Il continue de jongler entre ses deux carrières : l’une professionnelle, l’autre humanitaire. En effet, Christian refuse de faire profit de la solidarité internationale et de ce fait a un statut de bénévole. 

En 2002, il prend sa retraite professionnelle et se consacre entièrement à Partenaires. Une ONG à taille humaine, qui agit dans des endroits très peu connus et où l’aide internationale n’existe quasiment pas. Une détermination dans la voix de Christian, celle d’être toujours honnête et juste. Fort d’une longue expérience, il connaît les rouages et surtout les possibles travers du monde humanitaire. 

C’est emprunt d’une certaine fierté qu’il explique que Partenaires est avant tout un travail de coopération entre les bénévoles de l’association et les habitants sur place. L’ONG s’interdit d’intervenir là où elle n’est pas désirée, la où les autorités locales font déjà un travail de qualité. Cette expertise, ce souci de respect et d’analyse sont des qualités importantes et pas toujours retrouvées. Les projets menés au Bangladesh et en Birmanie peuvent en témoigner. Le pensionnat pour enfants des rues au Bangladesh est un projet de longue durée, car Christian se refuse à intervenir rapidement pour quitter les lieux tout aussi vite.

Le travail d’analyse fait en Birmanie a permis à Partenaires de bien cibler les besoins. En effet, bien que l’ONG soit plus à l’aise avec l’aide aux enfants des rues, Christian a vite remarqué que ce problème était déjà traité par les locaux. Loin d’être un souci, Partenaires ne fait pas preuve d’entêtement et adapte les projets. Ils passent alors d’une aide pour les enfants de rue à un projet d’assainissement des eaux. Afin d’impliquer au maximum les populations locales, il s’agit pour l’ONG de trouver des partenaires. Il faut faire travailler les habitants, afin de leur donner les compétences requises, en échange d’une compensation. Loin de l’assistanat, le rapport est d’égal à égal. Le respect mutuel et la dignité sont de mise. 

Vous l’aurez compris, Partenaires est une ONG unique, humaine et qui a cœur de rester sincère. C’est le travail d’un homme brillant, acharné et dont l’humilité fait réfléchir. A contrario de certaines grosses structures, il semble que Partenaires propose un rapport plus égalitaire entre les bénévoles et les populations locales. La coopération serait-elle alors une forme essentielle de la solidarité internationale? 

Site de l’association : www.partenaires-association.org

Claire Bugades, étudiante M2 PSAPI Expertise Internationale, Lyon III.

4 questions à Olivier, 10 ans d’engagement solidaire !

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ImageOlivier Mesnard, administrateur de l’association Artisans du monde vieux Lyon, le 18/11/2013, au Village de la Solidarité Internationale

Olivier bonjour ! Depuis combien de temps êtes vous membre de l’association Artisans du monde ?

« Cela va faire plus de dix ans. J’ai fait acte de candidature à Artisans du monde suite à ma visite du stand Artisans du monde au Village de la Solidarité Internationale. Par ailleurs, je connaissais déjà la boutique. Déjà intéressés par les actes solidaires, et étant déjà assez informé des tenants et aboutissants du commerce équitable, j’ai alors présenté ma candidature à la présidente de l’époque. Le bénévolat est un moyen d’être plus actif. C’est la dixième édition à laquelle je participe ».

Pouvez-vous me parler de votre engagement ? Dix ans d’engagement bénévole à Artisans du Monde et au Village de la solidarité, ce n’est pas rien !

« J’ai choisi de m’engager à Artisans du monde car je connaissais les principes du commerce équitable et ça me semblait intéressant de travailler sur les questions de pouvoir d’achat. Il s’agit d’avoir un vrai pouvoir de décision sur ses actes d’achat ».

Après tant d’années de bénévolat, qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le Village ?

« C’est la troisième édition de la manifestation égoïste que l’on mène avec l’association Oxfam. Des bénévoles d’artisans du monde portent l’organisation de cet événement. Ça nous semble intéressant d’interpeller sur la place publique de façon provocante et novatrice en nous détournant de nos réflexes individualistes. Il faut partir de ces réflexes là pour voir s’il n’y a pas aussi des causes qui valent le coup de s’ouvrir vers l’autre ».

Dernière question. Artisans du monde, quelles perspectives d’avenir ?

« Que de plus en plus de consommateurs deviennent acteurs de leur consommation. On les appelle les « consomm’acteurs ». On peut rapprocher nos valeurs de nos pratiques quotidiennes ».

http://vieux-lyon.artisansdumonde.org

Judy Kingue Manga

Les super-héros d’Oxfam Lyon !

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A Lyon, le 17 Novembre 2013 à 16h00.

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Une cape argentée, un tee-shirt vert, un masque de super-héros, voilà trois électrons libres dans le Village de la solidarité internationale. Toujours très positives, Mélodie et son équipe débordent d’énergie et d’originalité pour gagner en visibilité.

Un objectif pour ce dimanche 17 novembre, surprendre et interpeller les passants de la place Bellecour, pour les sensibiliser à une nouvelle campagne, la couverture santé universelle

C’est, déguisée en super-héros, que l’équipe a mis en avant les actions de l’association sans tomber dans le misérabilisme. Oxfam Lyon a une ligne de conduite : l’optimisme. Pour eux, la solidarité internationale se définit par l’impact des actions individuelles.

Leur plus gros événement qui se déroulera les 17 et 18 mai 2014, le Trailwalker. Quatre aventuriers, 100 kilomètres dans le parc naturel du Morvan et 30 heures. Voici le défi que propose Oxfam France. Organisé annuellement depuis cinq ans, c’est le plus gros évènement sportif solidaire du monde ! Pour prendre le départ, il faut récolter 1500€ par équipe qui permettront à Oxfam France de financer des actions contre la pauvreté.

Mêler sport et esprit d’entraide, voilà une belle forme de solidarité !

Claire Bugades et Eve Konan

Zoom sur : Amnesty International

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La présence d’Amnesty International au Village de la solidarité internationale apparaît comme une évidence. Défenseur des droits humains depuis plus de 50 ans l’ONG est bien connue du grand public. Pourtant, Daniel Pielot, secrétaire général du groupe lyonnais d’Amnesty, tient à nous rappeler la particularité de cette organisation.

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Contrairement à de nombreuses ONG dont la vocation principale est d’agir sur le terrain, Amnesty agit principalement par le biais du plaidoyer auprès de décideurs politiques et de la population civile.

Acteur phare du Village,  l’organisation est totalement vouée à la solidarité internationale En effet, même si elle n’a pas vocation à agir directement sur le terrain, l’action reste toutefois le maître mot de l’organisation: l’action groupée, symbolique, les pétitions, les manifestations et l’information au public.

A Lyon, les thèmes soutenus par organisation sont choisis par les membres selon leurs affinités et les actions basées sur des rapports d’experts internationaux. La peine de mort aux États-Unis, la violation des droits en Colombie, en Syrie ou en Palestine sont donc autant de sujets sur lesquels Amnesty International Lyon va tenter de s’impliquer.

Soutenue dans leur combat par certains élus français, l’organisation

tente, souvent par le biais de pétitions, de faire pression sur les gouvernements pour que ces derniers reconnaissent l’universalité des droits humains.

L’évolution des moyens de communication ne freine pas l’action d’Amnesty International, bien au contraire, les bénévoles profitent de l’universalité et de la gratuité d’internet pour donner encore plus de voix à leurs actions. On peut donc à présent retrouver l’antenne locale sur Facebook.

A propos d’Amnesty International:Céée en 1961 par l’avocat britannique Peter Benenson pour défendre des étudiants portugais épris de liberté. L’organisation est aujourd’hui en constante évolution afin de mieux défendre le respect et l’accès au droit pour tous.

Par Paul Vienot & Aida Ouerdane.

Les Femmes en Noir, la puissance du silence

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A Lyon, le 17 Novembre 2013 à 17h00.

Des femmes, vêtues de noir, se regroupent à heure fixe, un jour par semaine, depuis des années. Ensemble, elles marchent, en silence. Martine explique que le noir, c’est pour le deuil. Le deuil des maris disparus, des fils et des filles victimes de la violence du gouvernement. Le silence, quant à lui, c’est pour le respect de ces victimes. Ou qu’elles soient, ces femmes pensent a elles et sont là pour leur mémoire.

Depuis la naissance du mouvement en 1987, en Israël, les Femmes en Noir se « battent » pour défendre la paix et la justice en Palestine. L’envie de vivre en parfaite union est le leitmotiv de ces femmes. L’essence du groupe est l’indignation contre toute forme de violence. S’indigner en silence ? Paradoxal penserez-vous ! C’est ce qui fait la force de ces femmes. Marcher ensemble, unies, sans un mot, cela intrigue. Les passants s’arrêtent, les médias se demandent ce que ces femmes font. Pari réussi, tous leur prêtent attention.

Ce mode opératoire existe depuis des décennies. Il a commencé en Argentine, pendant la dernière dictature (1976-1983). Des femmes se sont réunies sur la Place de Mai (place centrale a Buenos Aires, en face du siège du gouvernement), portant le lange de leur enfant disparu. Ces mères ont marché en silence pendant une heure, tous les jeudis. Méprisées par le gouvernement, elles se sont même faites traiter de folles. Qu’importe, c’est sans relâche qu’elles ont continué, toujours en silence. Et elles sont arrivées a leurs fins en attirant les médias du monde entier. La dictature a finit par tomber.

Les Femmes en Noir s’inspirent de cette motivation et de cette détermination. Le silence, voila la clé du succès pour ces dernières,  »aboyer ne sert à rien » comme elles le disent si bien.

La  »propagation » internationale du mouvement est leur plus belle victoire. Les femmes se mobilisent dans leurs pays pour s’indigner contre toute forme de violence, toujours sans un mot. Les réunions de toutes les Femmes en Noir du monde, comme en Uruguay (Août 2013), bientôt en Inde (en 2015) sont la preuve que le silence peut être une réelle arme de la solidarité internationale.

Il faut un réel courage pour s’élever contre le gouvernement, encore plus quand on est une femme, mais ensemble elles deviennent un groupe intouchable. Leur force vient alors de leur faiblesse, encore un paradoxe. Il existe de plus en plus d’actions communes, telles que des rencontres européennes, qui témoignent de la force des femmes et de leur solidarité sans frontière.

Les Femmes en Noir proposent donc une forme originale de la solidarité internationale. Contrairement à l’idée reçue que celui qui criera le plus fort se fera entendre, ces femmes courageuses savent se faire entendre sans un mot. Et cela pourrait en laisser plus d’un bouche bée.

Claire Bugades.

Voyagez solidaires !

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« Toute personne a droit au travail » (article 25 de la DDHC), « Toute personne a droit à l’éducation » (article 26 de la DDHC). La démocratisation de l’accès à l’éducation et au travail est un maillon essentiel des « voyages solidaires ».

Le Village de la Solidarité Internationale accueille Anima Africa, ARVEL Voyages, La case d’Alidou, Cevied-Voyages, Maroc chez l’habitant, et La Nomadine. Ces associations ont pour but de favoriser les échanges entre la France et les pays du Sud, au travers de projets tels que la construction d’écoles, l’accès à l’éducation, l’accès au travail. Ces associations permettent le développement de la solidarité à l’international. Ces projets sont financés soit par des voyages solidaires organisés notamment par la Case d’Alidou et Anima Africa – respectivement à destination du Burkina Faso et de l’Ethiopie – soit par des dons. Le tourisme équitable joue aussi un rôle central dans le développement économique du pays, en favorisant notamment le commerce des locaux. Patrice Coeurjolly, bénévole de l’association la Case d’Alidou, définit cette solidarité : « il s’agit de faire en sorte que là où nous allions, les autochtones ne soient pas demandeurs mais acteurs de leurs devenirs ».

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Patrice Coeurjoly, bénévole de l’association La case d’Alidou, au Village de la Solidarité Internationale le 16/11/2013

Témoignage : Entretien avec Laurence Martin, présidente de l’association Anima Africa

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Les membres de l’association Anima Africa au Village de la Solidarité Internationale le 16/11/2013 : Joël Maisonnier (bénévole), Laurence Martin (présidente), Ranny Choeung (bénévole)

Qu’évoque pour vous le thème de la solidarité internationale ?

 « Le thème de la solidarité internationale évoque pour moi que l’on est tous des citoyens du monde et que le but de l’opération c’est de s’entraider. Nous, dans nos pays en occident, on a peut-être plus de facilités financières, même si parfois les gens se plaignent de payer trop d’impôts, trop de taxes, il y en a d’autres qui sont dans la difficulté. Comme on est tous frères, tendons la main à celui qui en a le plus besoin ».

Comment Anima Africa développe le voyage solidaire ?

« En fait le voyage solidaire est une proposition que l’on fait à nos adhérents pour découvrir un pays de par les paysages et la population particulièrement radieuse et généreuse. Malgré l’extrême pauvreté, ces pays savent donner beaucoup de cœur. Ce que l’on propose principalement, c’est du compagnonnage où chacun doit prendre ses responsabilités. Le voyage est un moyen de mieux connaître un pays, et plus particulièrement l’Ethiopie».

Votre association s’est spécialisée sur l’Ethiopie. Pourquoi l’Ethiopie, et envisagez-vous de vous étendre plus largement en Afrique ?

 « Oui bien sûre. L’Ethiopie parce que c’est un voyage personnel qui m’y a emmené dans un premier temps. A partir de là, j’ai rencontré une population extrêmement pauvre, d’où l’idée justement de leur tendre la main, de trouver une idée non pas pour les assister, mais plutôt pour les aider à développer leur propre économie locale. D’où l’idée de mettre en place des projets de refuges. On commence par l’Ethiopie avec pour objectif de construire d’autres refuges en Afrique.

Quel lien trouvez-vous entre le lien entre la solidarité et la démocratie ?

 « Oui effectivement, la démocratie part du principe que l’on s’attache aux véritables valeurs de l’individu, d’après les déclarations des droits de l’Homme que j’affiche toujours sur nos stands. À savoir que chaque individu sur terre a le droit d’avoir un toit, de quoi manger, la possibilité de s’éduquer, d’apprendre, et d’être dans des situations correctes ».

Quels sont vos objectifs à plus ou moins court terme ?

« On a besoin d’argent ! En effet, on ne fait pas d’assistanat. Des gens me disent parfois « j’ai des choses à vous donner ». C’est très gentil à eux mais nous avons besoin de financements. En un an et demi, nous avons récolté à peu près 5000 euros qui vont nous permettre de commencer les travaux de refuges et ainsi permettre à la population locale, de développer eux-mêmes leur économie ».

Judy Kingue Manga et Valentina Logreco

Le Mouvement des Sans Terre : De la terre pour tous

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Le Mouvement des Sans Terre est l’un des principaux mouvements sociaux agissant dans tous les Etats du Brésil. Sa principale activité, faciliter l’application des réformes agraires inscrites constitutionnellement en 1946 et 1988 en passant par la répartition des terres et la défense des paysans qui sont encore « illégalement » sur des terres qu’ils exploitent ! Créé depuis une trentaine d’années, le mouvement des sans terre ne cesse de se développer et de prendre de l’ampleur.

Présent sur tout le territoire brésilien, le Mouvement des Sans terre collabore avec d’autres mouvements militants pour former les paysans (et leurs enfants !) à leur cause politique par l’éducation et l’apprentissage à la citoyenneté. Ils s’opposent aux modèles de culture et d’agriculture intensive visant profits financiers et économiques.  « Puisque 75% de la nourriture consommée par les brésiliens provient de l’agriculture paysanne, c’est donc pour une agriculture durable permettant une certaine autonomie alimentaire aux familles qu’il faut développer » comme l’explique Isis Campos.

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Une stratégie solidaire.

Le Mouvement des Sans terre a une stratégie forte en croyant à la solidarité internationale.  Il s’agit d’activer les réseaux pour une résonnance internationale ! Et ça marche ! Après Lyon et le Village de la Solidarité, la représentante brésilienne s’envole pour l’Allemagne afin de rencontrer d’autres acteurs qui soutiennent leurs actions…. Un bel exemple de solidarité internationale!

Laura Peudenier